[Interview] « Aujourd’hui les centres d’addictologie reçoivent de plus en plus de jeunes victimes d’addictions aux écrans »
Photo Reshot

[Interview] « Aujourd’hui les centres d’addictologie reçoivent de plus en plus de jeunes victimes d’addictions aux écrans »

Alsace-Actu : Pouvez-vous vous présenter rapidement (ainsi que votre association) pour indiquer à nos lecteurs la légitimité qui est la vôtre sur ce sujet

Psycho-praticienne et responsable pédagogique, formée à l’intelligence émotionnelle et à l’approche empathique de l’enfant, par Isabelle Filliozat et son équipe de 2008 à 2015. Je suis également titulaire d’un master en management. J’interviens auprès des entreprises avec des formations en management émotionnel et relationnel et j’anime également des conférences sur différentes thématiques sollicitées par des professionnelles de l’enfance.

Les rencontres thématiques sont organisées avec l’association européenne parentalité positive, qui se situe à Colmar. Les membres du conseil d’administration, composés essentiellement de pros de l’enfance, (éducatrice, auxiliaires puéricultrices, psychologue, pédagogue, … ) se mobilisent autour des actions de l’association dont l’objectif est de diffuser l’approche empathique et l’intelligence émotionnelle et relationnelle. Les moyens mis en œuvres : conférence, ateliers Filliozat, groupe de parole ou de résolution de problème, animations, stages et formations.

AA : Y a-t-il des conséquences négatives, prouvées scientifiquement, à l’exposition des enfants aux écrans ?

Les neurosciences et les neurosciences affectives publient pléthore d’études et articles depuis ces 15 dernières années. Le rapport aux écrans a considérablement changé : aujourd’hui les enfants naissent dans un environnement familial qui comporte entre 5 et 15 écrans. De plus en plus de professionnels et de chercheurs se mobilisent sur la question de l’impact des écrans et ses conséquences. Et le constat est sans appel : Il y a un impact, mesurable sur les enfants tant au niveau physique, émotionnel, relationnel ainsi qu’au niveau neurologique.

AA : Dans un contexte de numérisation croissante de la société, n’est-il pas nécessaire de préparer les enfants à cela ?  En clair, sevrer les enfants d’écran n’aboutirait-il pas à des enfants inadaptés socialement ?

Derrière le mot «  écrans » il y a différentes machines : télévision, jeux vidéo, internet. Il est nécessaire d’informer les parents des conséquences d’une exposition et d’une surexposition. Et également mobiliser les pouvoirs publics sur les normes de protection des enfants face à l’utilisation de ces produits.

C’est exactement le processus contraire. Aujourd’hui les centres d’addictologie reçoivent de plus en plus de jeunes victimes d’addictions aux écrans. Le sevrage suit des protocoles très similaires aux cures de désintoxication de drogues dures. Les études montrent que globalement une exposition aux écrans est négative et génère les difficultés suivantes : retard de langage, trouble spectre autistique, relations aux autres, troubles de l’humeur.

AA : Que conseilleriez-vous à des parents qui se posent la question de l’éducation de leur enfant ?

S’informer sur les conséquences d’une exposition aux écrans et surtout connaitre quels sont les réels besoin de l’enfant : attachement et exploration.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*