Affaire Naomi : le SAMU entre menaces de morts, insultes et rumeurs calomnieuses
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Affaire Naomi : le SAMU entre menaces de morts, insultes et rumeurs calomnieuses

Alors que la marche blanche en souvenir de Naomi Musenga a rassemblé 1500 personnes aujourd’hui à Strasbourg, les opérateurs et opératrices du SAMU reçoivent toujours des menaces, parfois de mort, au téléphone.

L’opératrice qui est mise en cause vit un véritable calvaire. La Dépêche nous explique que « depuis la révélation publique de l’affaire, cette standardiste du Samu de Strasbourg vit cloîtrée chez elle. « Je suis lynchée sur la place publique. Si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais peut-être plus de ce monde aujourd’hui. Je suis à la maison ». » 

 

L’explication de racisme revient souvent (tweet).

La direction des Hôpitaux de Strasbourg a même alerté sur les rumeurs calomnieuses qui étaient lancées contre des opératrices du SAMU. Des individus n’ont pas hésité à dévoilé sur Twitter ou Facebook l’identité et les photos de certaines d’entre elles, pourtant étrangères à l’affaire. Cela est évidemment suivi d’insultes et de menaces pour la personne concernée.

Pour rappel, la jeune fille est décédée le 29 décembre 2017 après un appel au SAMU, qui l’a renvoyée vers un médecin de garde, n’ayant pas jugé sa situation suffisamment critique pour être traitée en urgence. Au téléphone, Naomi avait surtout dit qu’elle avait « mal au ventre », sans pouvoir parler davantage. Le SAMU est souvent appelé pour des problèmes bénins, ce qui explique la difficulté à distinguer les cas urgents des autres. Le SAMU a ensuite été rappelé, mais est arrivé trop tard : la jeune fille, encore consciente, est décédée d’un arrêt cardiaque à l’hôpital.

 

FR3 a fait une transcription du premier échange téléphonique avec le SAMU :

– « Oui, allô !
– Allô… Aidez-moi, madame…
– Oui, qu’est-ce qui se passe?
– Aidez-moi…
– Bon, si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche…
– Madame, j’ai très mal…
– Oui ben, vous appelez un médecin, hein, d’accord? Voilà, vous appelez SOS médecins.
– Je peux pas.
– Vous pouvez pas ? Ah non, vous pouvez appelez les pompiers, mais vous ne pouvez pas…
– Je vais mourir.
– Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde.
– Vous appelez SOS médecins, c’est 03 88 75 75 75, d’accord ?
– S’il vous plaît, aidez-moi madame…
– Je peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez.
– J’ai très mal, j’ai très très mal.
– Et où ?
– J’ai très mal au ventre (…) et mal partout.
– Oui, ben, vous appelez SOS médecins au 03 88 75 75 75, voilà, ça je ne peux pas le faire à votre place. 03 88 75 75 75. Qu’un médecin vous voie, ou sinon vous appelez votre médecin traitant, d’accord?
– D’accord [difficilement audible].
– Au revoir. »

 

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