Arnaud Gouillon, responsable de l’association humanitaire Solidarité Kosovo, empêché d’entrer au Kosovo

Arnaud Gouillon, responsable de l’association humanitaire Solidarité Kosovo, empêché d’entrer au Kosovo

La montée des tensions entre Belgrade et Pristina vient de nouveau de s’illustrer avec l’interdiction d’entrer dans le territoire du Kosovo pour Arnaud Gouillon, président de l’ONG humanitaire française Solidarité Kosovo, qui apporte depuis 2004 un soutien aux Serbes du Kosovo.

Arnaud Gouillon, devenu également citoyen serbe par naturalisation, mène des activités humanitaires diverses. Outre les livraisons de matériel (jouets, vêtements), Solidarité Kosovo a également financé plusieurs installations agricoles ou rénovations d’écoles dans les enclaves serbes du Kosovo, et organise également des vacances à la mer pour les enfants des enclaves serbes du Kosovo.

Vacances de mer de Solidarité Kosovo (source : Twitter)

Vacances de mer de Solidarité Kosovo (source : Twitter)

L’accroissement des tensions entre la Serbie et le Kosovo – qui a autoproclamé son indépendance de la Serbie en 2008 (après que les bombardements de l’OTAN en 1999 aient contraint Belgrade à abandonner sa province sud peuplée majoritairement d’Albanais) – est notable depuis le printemps 2018 avec l’arrestation brutale du ministre serbe Marko Djuric en visite au Kosovo.

Belgrade n’a jamais accepté de reconnaître la sécession du Kosovo, de même que de nombreux pays comme la Chine, l’Inde, la Russie, ou encore au sein de l’Union européenne l’Espagne, la Slovaquie, la Grèce et la Roumanie.

L’autre problématique du Kosovo réside dans le fait qu’à côté de la majorité albanaise, il y a toujours une majorité serbe au nord de la province (à partir de la ville de Mitrovica) ainsi que de nombreuses enclaves serbes dans l’ensemble du Kosovo.

L’idée d’une rectification des frontières entre la Serbie et le Kosovo n’est pas nouvelle mais a été beaucoup évoquée cet été. Elle consisterait à ce que le nord du Kosovo soit rétrocédé à la Serbie, mais également qu’une partie supplémentaire du sud de la Serbie (la vallée de Presevo) soit cédée au Kosovo. L’obstacle majeur à cette option réside dans le fait que les Albanais ne sont pas désireux de céder d’un pouce, tandis que du côté serbe cette option conduirait à une reconnaissance de facto du Kosovo.

En attendant, Arnaud Gouillon n’est pas le seul à être empêché d’entrer au Kosovo. Le Président serbe Aleksandar Vucic a également été empêché de rendre visite à une enclave serbe du Kosovo.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*