Condamnations pour des « tweets » et des « posts Facebook » : la porte ouverte à la dictature ? Tribune pour une liberté d’expression sans concession
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Condamnations pour des « tweets » et des « posts Facebook » : la porte ouverte à la dictature ? Tribune pour une liberté d’expression sans concession

Vous vous en rappelez peut-être, fin août, une affaire avait secoué le monde des réseaux sociaux en Alsace. Une prof de fitness de Bischeim a été menacée de mort, harcelée, mise à pied par son employeur, pour un post Facebook dans lequel elle s’indignait de voir des femmes voilées intégralement dans un parc pour enfants. Une affaire qui rappelait que les réseaux sociaux ne sont pas des espaces privés, et que tout ce qui y est publié peut sortir au grand jour. Pourtant, les récentes condamnations infligées à cause de messages postés sur les réseaux sociaux indiquent un glissement judiciaire vers une privation de la liberté d’expression.

Stéphane Poussier, les Végans et les victimes du terrorisme

Si vous avez suivi l’actualité, vous n’avez pas manqué de voir à la fois le sacrifice d’Arnaud Beltrame, et les réactions que ce geste héroïque a suscitées. Pour la plupart, celles-ci étaient laudatives, saluant le courage et la grandeur d’âme du gendarme qui a donné sa vie pour en sauver une autre. Certains cependant n’ont pas communié à cet élan populaire : Stéphane Poussier, candidat suppléant de la France Insoumise aux législatives du Calvados, a vertement critiqué le gendarme et s’était réjoui de sa mort. Il a été condamné à un an de prison avec sursis et 7 ans de privation de droits civiques pour un tweet.

Cet attentat a fait d’autres morts, et notamment un boucher du Super U. Des Végans, qui souhaitent l’abolition totale de toute forme d’abattage, se sont également réjouis de sa mort. Dans un message supprimé depuis, une militante végane écrivait : « Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice. » Assassin selon elle de millions d’animaux innocents. Elle fait l’objet d’une enquête pour « apologie du terrorisme ».

La fin de la liberté d’expression

Sans partager aucunement l’avis des personnes citées précédemment, on peut tout de même s’inquiéter de ces condamnations. Ne sont-elles pas la marque d’un régime refusant toute forme d’expression n’allant pas dans le sens voulu ? Le grand perdant de cet histoire, c’est le débat, l’opposition des contraires. Si tous les discours deviennent lisses et sans accroc, nul doute que l’esprit critique des citoyens en diminuera d’autant. L’auto-censure qui résultera de la peur de publier quoi que ce soit de répréhensible semble être le pire danger pour notre démocratie, si tant est qu’elle existe.

Soit à cause de la justice, soit sous les coups de l’opinion publique (ou plutôt l’opinion de certains, parfois communautaires), les voix se taisent et les critiques cessent. Personne n’osera remettre en question quoi que ce soit, même sur Internet, sous peine d’être ostracisé de façon bien réelle. Alors faut-il cesser d’exprimer ce que l’on pense, voire cesser de penser ?

Pour une liberté d’expression sans concession

Les tweets de Stéphane Poussier n’ont soulevé que colère et rejet. Ils ne posaient aucun problème véritable, et rassemblaient au contraire l’opinion dans la répugnance qu’ils inspiraient. De même les Végans suscitent plus d’amusement et de réactions hostiles qu’autre chose. Alors pourquoi les condamner ? Mieux vaut les laisser s’exprimer, et les contrer par des arguments de bon sens, qui toucheront bien plus sûrement le cœur et la raison de la majorité de la population, que de les livrer à la vindicte populaire ou à l’épée de la Justice.

Pire, condamner ces formes d’expression tend à cloisonner la société : chacun se réfugiera dans des groupes où tout le monde est d’accord, là où ils peuvent s’exprimer sans crainte. C’est la fin de l’esprit critique. Moins de débat, plus de cris et de pancartes, l’intelligence foulée aux pieds. Les condamnés se voient en martyres, et sortent auréolés d’une gloire imméritée, qui légitime les discours les plus délirants. Ce qui fait prospérer dans certains milieux ces discours.

Alors n’hésitons pas à nous prononcer pour une liberté d’expression totale, qui permettrait à tous d’écrire ce qu’il souhaite, sans craindre le bras vengeur de la Justice ou de la Police de la Pensée. Les discours extrémistes, délirants, sans arguments sérieux, seront balayés par le bon sens. Ceux qui crachent sur la mémoire d’Arnaud Beltrame ne récolteront que le mépris, et l’hommage rendu n’en sera que plus fort. La crainte de ces discours ne fait que les renforcer. La liberté d’expression ne saurait être relative et limitée, battons-nous pour une liberté d’expression sans concession et contre les condamnations pour des messages sur les réseaux sociaux.

 

Un commentaire

  1. La loi, pour protéger la France contre le retour des discours racistes, antisémites, a été votée. Elle condamne leurs auteurs, un point c’est tout, à moins de vouloir l’abrogation de cette loi ! N’oublions jamais le temps où ces discours avaient libre cours dans une certaine Presse, et les monstruosités qu’ils ont engendré. Le gouvernement de Vichy, non seulement ne les condamnait pas mais les diffusait largement….on voit où cela a mené. C’est plus qu’un délit, c’est un crime ! Au XXI° siècle on ne peut tolérer les discours de haine quel qu’ils soient.

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