Dédoublement des classes de CP dans les banlieues : des résultats « dans le bas de la fourchette »
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Dédoublement des classes de CP dans les banlieues : des résultats « dans le bas de la fourchette »

Nous avions évoqué il y a plusieurs mois le dédoublement de certaines classes de primaire, situées dans les zones REP/REP+ (éducation prioritaire/éducation prioritaire renforcée). Les établissements classés REP ou REP+ sont localisés, en Alsace, uniquement dans les trois grandes villes : Strasbourg, Mulhouse et  Colmar. La liste complète est disponible sur le site du Réseau Canopé qui dépend du Ministère de l’Education Nationale.

Ce choix de dédoubler les classes de ces établissements avait pour but d’obtenir de meilleurs résultats via un suivi amélioré des élèves. Mais cela impliquait de déshabiller Paul pour habiller Jacques : 14 classes avaient par exemple été fermées dans le seul Sundgau, en 2018, au sud de Mulhouse. « A Moernach, […] la classe va être transférée à Vieux-Ferrette, 5 kilomètres plus loin. Pas grand-chose ? Une distance suffisante pour obliger les trajets en voiture ». C’était donc la mort du service public en milieu rural qui était en jeu.

Pourtant, les moyens colossaux déployés dans les zones dites « sensibles » ne portent pas leurs fruits. Certes, les résultats sont plutôt positifs : selon Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale, les « élèves ont fait des progrès importants, plus vite qu’ailleurs ». Les chiffres donnés par Le Monde n’ont pas de quoi faire rêver : « Sur les 60 000 élèves de CP en REP +, la proportion de ceux qui sont les plus en difficulté a baissé de 7,8 % en français et de 12,5 % en mathématiques. Sur 24 000 élèves en très grande difficulté auparavant, soit 40 % de ceux qui sont en REP +, on en compte donc 2 000 de moins en français, et 3 000 de moins en mathématiques. […] Les résultats « sont clairement dans le bas de la fourchette de ceux constatés dans d’autres pays qui ont mis en œuvre de telles mesures » .

En clair, malgré le dédoublement des classes avec parfois 12 élèves seulement (et tandis que dans les milieux ruraux des classes de 30 enfants perdurent), on compte toujours un gros tiers d’élèves en grande difficulté, contre 40% auparavant. Ce chiffre serait de 15% en moyenne en France. Au regard des moyens mis en oeuvre, certes les résultats sont positifs, mais ils apparaissent nettement insuffisants.

Surtout, les fermetures d’école dans les campagnes ne sont pas terminées. Les plus petites structures sont menacées à court terme. Ainsi, la question de l’équité entre les banlieues et les zones rurales, en pleine crise des gilets jaunes, conserve son actualité.

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