Devons-nous supporter l’équipe de France ?
By Кирилл Венедиктов (https://www.soccer.ru/galery/1042235/photo/718801) [CC BY-SA 3.0GFDL, CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) or GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)], via Wikimedia Commons

Devons-nous supporter l’équipe de France ?

La Coupe du Monde bat son plein et les Bleus viennent de vaincre l’Uruguay par le score sans appel de 2 buts à zéro. La mode est au drapeau tricolore, comme toujours lors de ces grandes manifestations sportives. Pour autant, beaucoup se posent la question suivante, devons-nous soutenir l’équipe de France ? Majoritairement issue de jeunes de banlieues, peu représentative de ses supporters, éloignée des Français (et des Alsaciens !) tout autant par ses coupes de cheveux ahurissantes que par son niveau intellectuel déplorable, l’équipe de France parvient malgré tout à fédérer derrière elle une bonne partie des Français.

Un idéal à défendre

Défendre les Bleus, c’est défendre son pays face à d’autres, sa légitimité, sa capacité à faire éclore des talents athlétiques et techniques, c’est soutenir son drapeau unique dans la multitude, sans animosité aucune, simplement par amour naturel de sa terre.  C’est ainsi, inconsciemment souvent, que se comportent bien des Français.

Dans les bars les plus reculés, ce soutien pour l’équipe de France se fait ardemment ressentir. Si vous fréquentez ces débits de boisson, vous entendrez récriminer contre les simulations grotesques des joueurs, incapables de supporter quelque coup que ce soit, tandis que les rudes gaillards autour de vous triment dans des conditions difficiles, vous entendrez crier à l’unisson lorsqu’une occasion de but se présente, puis vous vous délecterez de la joie qui exulte de dizaine de gorges lors d’un but tant attendu. C’est le cri d’une communauté unie par un idéal, celui de la victoire, soudée par de bonnes bières servies par le patron du bar.

C’est un des seuls moments où les Français « de souche » se réunissent pour proclamer ensemble un amour sincère et apolitique de leur pays. Mieux, l’amour du beau jeu, de la tactique et de la technique incarné par quelques joueurs d’exception semble avant tout esthétique, comme un lointain souvenir des olympiades grecques, lorsque les athlètes étaient acclamés par tout un peuple. C’est aussi le meilleur moment pour commencer à nouer des relations avec vos voisins, ceux que vous ne connaissez que trop peu. Refondre une communauté peut s’initier par un match de football. Ce n’est ici qu’un moyen, certainement pas une fin.

Une occasion unique

Certes, en tant qu’Alsaciens, nous pourrions nous considérer étrangers à toute cette ferveur. Cependant, dans un contexte où il est difficile d’affirmer son identité sans se faire traiter de « fasciste », accusation anachronique et dérisoire, il est primordial de saisir cette occasion unique. Être fier de ce que nous sommes est désormais encouragé, pour un temps très court. Nous devrions donc impérativement soutenir la promotion des identités, fût-ce par le biais sportif.

Cela serait un premier pas vers une compréhension plus large de notre identité. En somme, le football serait une porte d’entrée vers une identité politique mieux définie. Peu importe donc la composition de l’équipe de France. Ce qui compte est la célébration patriotique d’une identité, de laquelle nous pouvons nous servir pour proclamer notre culture, notre identité, notre patrimoine. Qui est Français est attaché à une culture millénaire, sans doute faudrait-il à raison le marteler à chaque match. Jouer pour l’équipe de France, c’est s’inscrire dans cette exigence historique considérable. Chaque rencontre doit être l’occasion de redécouvrir les trésors oubliés de notre identité, à savoir notre histoire, nos valeurs, ce qui nous fonde.

En Alsace comme ailleurs, proclamer son identité est mal perçu. La Coupe du Monde est une fenêtre de tir à ne pas manquer, afin de toucher des cœurs sensibles à cette question, cœurs qui s’ouvrent à ce moment précis.

Quid de la question ethnique ?

Peut-on être Alsacien et d’origine étrangère, Français et d’origine africaine ? Le débat est partagé, mais nombre d’entre vous nieraient cette possibilité. Pour autant, la question ethnique semble tout à fait secondaire. Peu importe les joueurs sur le terrain, ce qui compte est la communauté retrouvée autour de vous, ces gens presque anonymes (et tous « Français de souche ») qui partagent un moment de joie ou de tristesse entre eux. Ce qui compte est la célébration permise et encouragée de sa terre, l’amour de son drapeau, de son peuple, sans aucune pensée pour les millionnaires qui se débattent sur le terrain.

En effet cela est un premier pas vers une identité saine et mieux comprise. Le football doit être perçu comme un moment sociétal qui ouvre des portes, qui dévoile des chemins vers des horizons identitaires meilleurs, pas comme un trou noir hors de portée.

Un article engagé d’Arnaud Schmitt !

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