[Exclusif] Claude Chollet, directeur de l’OJIM : « Il n’y a pas de presse libre »
Claude Chollet - Photo Alsace Actu

[Exclusif] Claude Chollet, directeur de l’OJIM : « Il n’y a pas de presse libre »

Claude Chollet est le directeur de L’Observatoire du journalisme et de l’Information Médiatique (OJIM). Lors d’une conférence donnée vendredi dernier à Strasbourg, à l’invitation du Cercle du Bon Sens, il a eu l’amabilité de nous éclairer sur l’état de la presse.

« L’objectivité n’existe pas »

Selon lui, « l’objectivité n’existe pas. Le fait brut, tel qu’il s’est produit, ne peut pas être rapporté sans une légère transformation de la part du journaliste, du média. »  C’est même le propre du « média », qui est un intermédiaire non-neutre. Claude Chollet insiste d’ailleurs sur la façon de titrer, qui implique forcément un point de vue : « Un tag sur la Cathédrale de Strasbourg » ou « Encore un tag sur la Cathédrale de Strasbourg » expriment deux subjectivités différentes.

Alors sommes-nous condamnés à l’absence de fiabilité ? Non, selon lui, « si la presse ne peut pas être objective, elle peut être honnête ». L’honnêteté, pour le directeur de l’OJIM, consiste à transformer le moins possible, à ne pas mettre en scène le fait brut. Tout en étant conscient d’une certaine subjectivité. Le lecteur doit particulièrement avoir à l’esprit cette donnée.

« La presse n’est pas libre »

Le problème vient donc de l’honnêteté de la presse : d’après Claude Chollet, « 85% des médias sont détenus par 8 milliardaires ». Or les journalistes, qui ont des conditions salariales de plus en plus déplorables, s’accrochent à leur poste. « Les journalistes qui travaillent pour un média n’ont donc pas de réelle indépendance ».

Les journalistes peuvent donc choisir de taire un sujet ou une information. Une auto-censure qui est le moyen extrême de transformer un fait brut. Le silence sur une information est donc souvent le résultat d’un manque d’indépendance.

« On est déjà dans une censure des réseaux sociaux »

Internet a fait naître une autre presse, plus indépendante des puissances financières et de la publicité, fondée sur le bénévolat ou les dons. Lorsque cette nouvelle presse « sort » une information qui dérange, on peut l’accuser de propager des Fake News.

En effet, selon Claude Chollet, « les médias traditionnels sont considérés comme honnêtes ». Seuls les nouveaux médias sur Internet sont donc visés par la répression des Fake News, notamment sur les réseaux sociaux. « On est déjà dans une censure des réseaux sociaux. Je crains même qu’on ne soit qu’au début du processus. Il faut réfléchir à d’autres réseaux sociaux qui soient honnêtes… » Les Fake News semblent être le cache-nez d’une nouvelle censure, pernicieuse, qui entrave la montée de la presse née sur Internet.

Un commentaire

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