Florian Philippot à Strasbourg : « Le FN ment sur l’immigration » [Vidéo]

Florian Philippot à Strasbourg : « Le FN ment sur l’immigration » [Vidéo]

À peine sorti du Front National en septembre, Florian Philippot travaille à la structuration de son mouvement Les Patriotes sur l’ensemble de la France. Il a lancé une tournée de l’ensemble du territoire national, symboliquement dans le sud qui est considéré comme une terre plus hostile pour les idées qu’il incarne. Il était de passage en Alsace ce samedi 18 novembre, pour un déjeuner à Strasbourg où il a rassemblé une cinquantaine de personnes, puis pour une visite à Colmar de Coeur Paysan, un supermarché racheté par des agriculteurs et qui connait un grand succès.

Étaient logiquement présents les 3 élus régionaux qui l’ont suivi lors de la constitution des Patriotes (3 sur les 14 initialement élus sur les listes FN en 2015) : Andréa Didelot (référent Bas-Rhin), Sylvain Marcelli (référent Haut-Rhin), et Éliane Klein (qui s’occupe de la thématique de la défense des animaux).

Frexit, Alsace-Moselle et Dimanches du patrimoine

Dans son allocution, Florian Philippot a sans surprise maintenu le positionnement souverainiste qui est le sien et plaidé pour un Frexit, c’est-à-dire la sortie de la France de l’Union Européenne.

Il a dévoilé les différents volets de son programme en lien avec la reprise en main de la souveraineté française, notamment sa volonté de sortir des traités de libre-échange comme le CETA (le traité avec le Canada) afin de promouvoir une alimentation plus saine agriculture plus propre, ce qu’il considère impossible tant que la Commission Européenne est en charge de la négociation des traités commerciaux des pays membres.

Sans pour autant se départir de son tropisme départemental, le leader des Patriotes a rappelé sa volonté de défendre le Concordat d’Alsace-Moselle, de supprimer les conseils régionaux et de permettre des réunions inter-départementales des conseillers départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour travailler sur les questions locales.

Il a également évoqué son initiative des « Dimanches du patrimoine », où les structures locales naissantes des Patriotes sont invitées à organiser des visites groupées pour les adhérents ou sympathisants de lieux culturels locaux.

« Le FN ment sur l’immigration »

Philippot s’efforce aussi de tirer avantage de son intransigeance sur la question de l’Union Européenne pour envoyer des signaux à un électorat de sensibilité plus identitaire.

S’il a assez peu fait mention de son ancien parti politique lors de son allocution, c’est sur la thématique migratoire qu’il a dénoncé ce qu’il considère être son incohérence sur ce sujet : « L’immigration […] y compris le Front National ment maintenant sur ce sujet […] Si on dit qu’on va rester dans l’Union Européenne, un ensemble sans frontières et avec Schengen et où le juge européen décide de tout. » en dénonçant une politique de slogans sans effets. « On ne pourrait même pas rétablir la double-peine, cela serait interdit par le juge européen. C’est pour cela que Nicolas Sarkozy l’a supprimée » [en 2003] a-t-il ajouté.

Sur cette thématique, il a évoqué les enjeux de la démographie africaine et évoqué son soutien à l’initiative de Jean-Louis Borloo d’électrification de l’Afrique et appelé – une fois n’est pas coutume – à un financement européen de ce projet.

Quelles perspectives pour Les Patriotes?

Historiquement, les initiatives politiques de personnalités politiques sorties du Front National n’ont que rarement connu le succès (les seules exceptions notables et restées à une échelle locales étant celles de Jacques Bompard, qui a maintenu son implantation à Orange et dans le Vaucluse, et de Robert Spieler en Alsace).

L’exemple de la scission conduite par Bruno Mégret en 1998 est l’exemple historique le plus marquant. À l’époque, Jean-Marie Le Pen était parvenu à plaquer dans une prise de judo politique les dissidents mégrétistes à son extrême-droite.

Florian Philippot s’efforce toutefois de présenter sa situation comme différente – voire inverse – de celle de 1998 en affirmant que les mégrétistes contrôlent désormais le FN et en se voulant porteur d’une offre plus rassembleuse et plus moderne.

Il tient pour preuve de cette capacité de rassemblement qu’un peu plus de la moitié des adhérents des Patriotes – désormais plus de 5000 selon Florian Philippot – ne sont issus d’aucune formation politique.

Parviendra-t-il à trouver des partenaires, comme le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan? Difficile à dire, tant la stratégie de « NDA » semble difficile à lire actuellement, avec le lancement de la plateforme des « Amoureux de la France » et un dialogue avec des personnalités très hostiles à Florian Philippot telles que le médiatique maire de Béziers, Robert Ménard.

En attendant une éventuelle alliance au niveau national avec telle ou telle formation, Florian Philippot pouvait se réjouir du ralliement à sa formation de deux généraux de l’armée française, et plus localement de la présence à sa réunion du responsable départemental de Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan.

Dans ce jeu de reconstruction d’une vie publique totalement bouleversée par l’élection d’Emmanuel Macron, difficile de savoir qui tirera son épingle du jeu. Les électeurs français auront l’occasion de donner un premier aperçu de cela lors des élections européennes de mai 2019. Élection durant laquelle Florian Philippot sera justement amené à remettre en jeu son principal mandat électif.

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