Georges Bischoff, l’historien qui plaît au Système

Georges Bischoff, l’historien qui plaît au Système

« Le peuple alsacien, je ne sais pas ce que cela veut dire » . Georges Bischoff, professeur à l’université de Strasbourg donne ainsi la couleur de son dernier ouvrage « Pour en finir avec l’Histoire de l’Alsace »,  qui cherche à démontrer qu’il n’a jamais existé d’alsaciens, du moins jamais en tant que peuple au sein d’une Alsace unie. Pour l’historien en effet, « l’unité de l’Alsace, c’est un mythe fabriqué après 1871, à Paris » mais certains événements tels que l’affaire Dreyfus démontrent bien que les alsaciens doivent être considérés comme fondamentalement désunis par des clivages qui jalonnent l’histoire locale.

La position du professeur ne serait cependant pas sans rapport avec l’idéologie politique qu’il revendique. Jacobin assumé, c’est selon lui dans la négation de l’Alsace et de son identité que doit se construire l’avenir de notre région. La fusion ? Une chance ! C’est le moment d’avoir « une vision plus ouverte de l’Alsace, comme une région riche de son histoire, de ses voisins, de l’Europe tout entière » , mais surtout pas par elle-même ! Quant à ceux qui persistent à revendiquer l’autonomie de leur région, aussitôt sont-ils ramenés à un statut de quasi-collabo, avant d’évoquer « le rôle des autonomistes au cours de la dernière guerre, l’influence aussi des ralliés qui ont encouragé le drame monstrueux de l’incorporation de force… ».

Georges Bischoff est donc clair : si vous ne renoncez pas à l’identité alsacienne ou a son territoire, vous vous ralliez à des gens plus que douteux. L’affirmation identitaire se limiterait ainsi à un sentiment péjoratif de rejet de l’autre « l’histoire de l’Alsace s’est toujours construite en désignant des ennemis. Si quelque chose va mal, c’est la faute de Paris ou des Allemands » .

Odile, la sainte patronne alsacienne, n’aurait quant à elle simplement pas existé. Georges Bischoff semble donc être un historien bien dans son époque, à l’heure où ne doivent plus exister ni peuples, ni frontières ni identités, le travail de déconstruction de l’Alsace se devait de prendre des formes universitaires et théoriques, afin d’accompagner sa déconstruction pratique. Pas sûr cependant que le professeur soit arrivé à en « en finir avec une histoire souvent militante et instrumentalisée » .

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