Gilets Jaunes : Acte XV, et après ? En Alsace, de nouvelles propositions émergent
Le cortège est parti du Parlement Européen - Photo Alsace Actu

Gilets Jaunes : Acte XV, et après ? En Alsace, de nouvelles propositions émergent

Ce samedi, des centaines de Gilets Jaunes ont manifesté à Strasbourg sur toute la journée (avec des individus venus uniquement le matin, d’autres l’après-midi), comme partout en France. C’est le quinzième samedi de manifestation depuis le 17 novembre. Si le mouvement ne s’essouffle pas, il semble cependant dans une impasse. Certains en viennent donc à souhaiter un changement de mode opératoire.

Un retour aux origines

Cela ne vous a peut-être pas échappé, mais les ronds-points ont connu un regain d’activité ces derniers temps. Les Gilets Jaunes de la première heure ne se sentent pas tous solidaires du tour qu’ont pris les manifestations urbaines des dernières semaines.  A Châtenois, une dizaine de Gilets Jaunes étaient ainsi présents sur un rond-point dans une ambiance festive.

Contrairement aux manifestations qui se déroulent dans les grandes villes, pas de récupération politique. Pas non plus de débordement à cause de militants « black blocs » ou autres. Bref rien de ce qui déplaît à la plupart des Gilets Jaunes.

 

Échanger pour mieux comprendre l’essentiel

Ce retour aux origines coïncide avec un rapprochement entre les militants et la majorité passive. Ainsi à Erstein, un questionnaire a été distribué par milliers pour tenter de définir les revendications prioritaires.

Une réunion s’est par ailleurs déroulée à Obermodern le 03 février. Emma, l’organisatrice, nous indique que la réunion d’échange « a rassemblé une trentaine de personnes de situations très différentes, pas seulement des gilets jaunes. […] Cet échange s’est déroulé dans le calme, avec le respect de la parole et de l’opinion de l’autre.

Le premier thème était le référendum d’initiative citoyen (RIC), présenté comme un outil à la disposition du peuple pour participer plus directement à la vie publique. Cela a été expliqué en citant les travaux d’Étienne Chouard. De plus, il est en phase avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui mentionne la possibilité pour les citoyens de participer à la formation des lois. »

Ensuite, « un participant à évoqué que plutôt qu’un point particulier de pouvoir d’achat, « c’est le pouvoir de bien vivre » qui [faisait] défaut. Quelques doutes ont été émis sur l’efficacité de la démocratie représentative et sur l’autonomie du pays. Ainsi par exemple, une bénévole de l’association Alsace Nature s’est exprimée pour une exploitation plus durable des forêts, ce dont elle s’est engagée pendant des années, et pour découvrir que le RIC pouvait apporter une solution. De fait, il en est devenu une revendication de base.

Cet échange a permis aux gilets jaune de convenir de rester un mouvement pacifiste et a-partisan, c’est à dire de ne pas s’associer à un parti politique, de ne pas se présenter à des élections, mais de se distancer de toutes récupérations politique. »

Le retour des blocages ?

Certains au contraire prônent une action plus ciblée, plus violente peut-être. Il s’agirait de bloquer des lieux jugés « importants », comme des lieux de pouvoir ou des centres économiques et logistiques. Cette option ferait évoluer la situation vers un niveau de conflictualité supérieur avec l’Etat. Les images des violences policières n’ayant pas cessé, la colère de certains Gilets Jaunes reste intacte.

Quoi qu’il en soit, le mouvement semble aujourd’hui dans l’impasse et doit se renouveler afin de prendre un nouvel élan. Emmanuel Macron ne semble ni décidé à démissionner ni à accorder le RIC aux Gilets Jaunes, deux revendications initiales et principales du mouvement.

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