Il y a deux ans : les premières manifestations contre la fusion des Régions

L’Alsace est sans aucun doute la région où la fusion des Régions décidée en 2014 par le gouvernement socialiste a été la plus impopulaire. Dès l’annonce en avril 2014 du projet de fusion Alsace-Lorraine, des voix se sont fait entendre contre la dilution de l’Alsace dans une « grande région ».

Des collectifs trans-partisans, tels que le collectif « Touche pas à l’Alsace » initié notamment par Stéphane Bourhis à Strasbourg ou Romain Thomann à Colmar se sont constitués dès le printemps 2014 pour appeler à la manifestation contre la fusion des régions.

Les premières manifestations ont eu lieu le samedi 28 juin 2014 à Strasbourg et Colmar.

L’annonce dans le courant de l’été 2014 de l’ajout de la Champagne-Ardenne au projet initial de fusion de l’Alsace et de la Lorraine a décuplé la contestation contre ce projet. Initialement favorable au rapprochement entre l’Alsace et la Lorraine, le Président de la Région Alsace (UMP) Philippe Richert prit alors position contre le projet de réforme territoriale. Ce ralliement tardif à l’opposition au projet avait aussi pour objet d’éviter de voir une opposition se constituer contre lui en Alsace (au sein de sa formation politique ou au sein de l’électorat) en vue des échéances électorales à venir.

Des manifestations massives, en particulier dans une Alsace peu habituée aux revendications de rues, ont eu lieu durant l’automne 2014 : en octobre 2014 à l’initiative de Philippe Richert, puis en novembre et décembre dans les rues de Colmar, Mulhouse et Strasbourg à l’initiative de militants régionalistes et d’Unser Land.

Cette réforme a eu par ailleurs pour conséquence de remettre au premier plan de la vie politique alsacienne l’autonomisme politique, avec l’émergence électorale de Unser Land, qui lors des élections régionales de décembre 2015 a obtenu 11,10% des suffrages exprimés en Alsace. Ceux-ci ne représentaient toutefois que 4,74% des voix sur l’ensemble de la Grande Région, la liste conduite par Jean-Georges Trouillet n’ayant obtenu qu’environ 1% des voix sur les autres départements (à l’exception d’une modeste percée dans la Moselle historiquement germanophone, pour un total de 2,12% en Moselle).

Nombreux sont ceux qui estiment que l’échec du référendum du 7 avril 2013 portant sur la création d’un Conseil Unique d’Alsace comme l’une des causes de la fusion des Régions. En cas de succès du référendum de 2013, il eut en effet été difficile pour le gouvernement de proposer la fusion de la Région Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

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