[Interview – Bastion Social] « Village bouclé et en état de siège, 35 hommes en noir équipés d’armes… »
Le slogan du Bastion Social, "Les nôtres avant les autres" - Crédit Photos : Bastion Social

[Interview – Bastion Social] « Village bouclé et en état de siège, 35 hommes en noir équipés d’armes… »

Le Bastion Social a marqué l’actualité récente en Alsace, avec l’occupation de deux maisons dans la commune d’Entzheim. Celles-ci étaient abandonnées, le maire ayant indiqué suite à ces événements qu’il souhaitait réhabiliter les bâtiments. Au bout de deux semaines, les militants ont été expulsés. Valentin L., responsable du Bastion Social, nous a accordé une interview au sujet de l’expulsion.

Alsace-Actu : Comment s’est déroulée la procédure d’expulsion devant la justice ? Habituellement ces procédures prennent-elles beaucoup plus de temps ?

Valentin L. : Nous avons été au départ assignés en justice vendredi 22 février par huissier, pour une audience le … lundi 25. Nous nous y sommes bien évidemment rendus et avons immédiatement demandé un délai pour préparer notre défense, étant donné que les avocats ne travaillent pas le week end et qu’en 48h cela aurait été difficile.
Cette demande a été acceptée par la juge et l’audience repoussée au mercredi 27 février soit 48h plus tard.

Les deux maisons occupées par les militants du Bastion Social

Les deux maisons occupées par les militants du Bastion Social

A l’issue de celle-ci le juge a annoncé rendre sa décision vendredi 1er mars sans aucun autre renseignement.
Autant dire qu’ils ont mis toute leur énergie pour juger cette affaire le plus rapidement possible : habituellement les audiences au tribunal prennent un temps fou et il faut encore attendre davantage pour que le jugement soit appliqué.
On se rend compte que c’est purement politique et que les délais sont bien plus longs pour expulser les gens du voyage, squatteurs chez les particuliers ou bien encore les squats d’extrême gauche pro-migrants. Pour eux cela prend souvent plusieurs mois voire années.
Nous, quand on réquisitionne une maison traditionnelle alsacienne pour s’opposer au projet de destruction du maire, afin de la réhabiliter et d’en faire un foyer pour les français, en 14 jours c’est plié !

Alsace-ActuPouvez-vous nous raconter l’expulsion ?

Valentin L. : Nous savions qu’une décision allait être rendue ce vendredi mais nous ne nous attendions pas à une telle rapidité d’exécution. L’huissier de justice mandaté par le tribunal est venu nous annoncer la décision de justice, à savoir : expulsion immédiate et sans délai, seulement 1h après la fin du jugement !

Une partie des forces de l'ordre sur place pour l'expulsion

Une partie des forces de l’ordre sur place pour l’expulsion

Nous avons donc pris la décision de nous retrancher à l’intérieur en condamnant portes et fenêtres afin de lutter jusqu’au bout pour protéger notre maison. Malheureusement nous ne pouvions pas tenir très longtemps étant donné le dispositif militaire mis en place, complètement surdimensionné. Village bouclé et en état de siège, 35 hommes en noir équipés d’armes, casques, boucliers. 5 haut gradés dont le commandant de la région Alsace en personne, serruriers, pompiers…
Nous nous sommes fait délogés environ 30 minutes après le début de «l’assaut». C’était réellement incompréhensible comme mode opératoire.
Encore une fois, nous pouvons constater que nous sommes apparemment l’objectif principal, que ce soit dans les tribunaux ou avec les forces de l’ordre…

Alsace-Actu :  Quelles ont été les réactions des habitants lors de l’expulsion ?

Valentin L. : Énormément de voisins étaient aux fenêtres et se demandaient ce qu’il se passait, pas tous les jours qu’on voit autant d’armes et de boucliers dans un petit village. Quand nous avons quitté la maison, un couple de voisins sur le balcon nous a applaudi.

Durant ces deux semaines, les militants ont tracté dans le village d'Entzheim

Durant ces deux semaines, les militants ont tracté dans le village d’Entzheim

Alsace-Actu : Que retenez vous de ces deux semaines d’occupation ?

Valentin L. : Je retiens énormément de choses positives. Des militants ont parfois fait plusieurs centaines de kilomètres dans le même week-end pour venir aider à retaper et protéger une maison alsacienne menacée de destruction. Aussi énormément de soutien de la part de la population qui s’est montrée réceptive à notre action, beaucoup de moment de convivialité et de camaraderie avec pourtant le minimum de confort dans la maison.
Et surtout nous pouvons retenir qu’en 14 jours nous avons réussi à faire plus pour protéger notre patrimoine que le maire d’Entzheim en 25 ans.

Alsace-ActuDernière question, le Bastion Social a-t-il d’autres projets dans les cartons ?

Valentin L. : Nous avons toujours des projets, le Bastion Social ne se refuse rien et sera toujours là où on l’attend le moins.

Un commentaire

  1. Où allons nous? en tout cas pas d’où nous venons!

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