La Nouvelle Douane : entre produits fermiers et complexe industriel.
Capture d'écran du flyer de la nouvelle douane

La Nouvelle Douane : entre produits fermiers et complexe industriel.

Un article d’Aurore Bonnel.

Créée sous l’impulsion de la Chambre d’Agriculture et de Françoise Buffet, ex-adjointe au maire en charge de l’environnement et de l’agriculture, la Nouvelle Douane a fêté ses trois ans ce mois-ci. Ouverte le 12 novembre 2014 elle abrite 22 producteurs locaux qui ont tous un point commun : ils sont gérant de leur exploitation.

Regrouper des producteurs dans un magasin de centre-ville pour fournir une offre complémentaire : fruits, légumes, viande, poissons, produits laitiers, etc. le tout produit en Alsace. Le concept est formidable et attire de nombreux Strasbourgeois.

« Cultivés en Alsace, les produits de la Nouvelle Douane vous garantissent une fraîcheur optimale, une traçabilité totale et un respect du cycle des saisons…Vous allez retrouver le goût des bonnes choses et des produits sains. » peut-on voir sur leur site internet. « Des produits fermiers locaux au cœur de Strasbourg » lit-on sur leur flyer. « Qualité, goût, fraîcheur » sont les maîtres mots du lieu. 

Flyer-Nouvelle-Douane

C’est sain, local, ça suit le rythme des saisons…de quoi ravir tous les locavores et autres soucieux d’une alimentation « durable » !

Là où ça devient gênant, c’est quand on découvre que ces producteurs locaux de « produits fermiers » sont en fait parfois à la tête de gigantesques exploitations. De là à dire qu’on essaie de tromper le consommateur, il n’y a qu’un pas.

Ainsi, un courrier du préfet du 5 octobre 2015, disponible sur internet, nous apprend que l’EURL Ferme Goettelman, qui alimente en volaille et en porc la nouvelle douane, est une ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) classée au régime d’autorisation.

Les chiffres de la production annuelle de 2015 donnent le tournis :

  • 700 000 œufs pour 3 000 poules pondeuses
  • 12 950 canards (100 900 prévus avec l’extension)
  • 75 950 poulets
  • 3 332 pintades
  • 9 500 dindes
  • 950 chapons
  • 1 600 porcs (2 677 prévus avec l’extension)

Nous sommes plus proches du complexe industriel que des produits fermiers…

Le problème ici n’est pas le mode de production choisi (encore que…) mais l’illusion donnée en se cachant derrière une étiquette « fermière » pour tromper le consommateur naïf venant s’approvisionner à la nouvelle douane…Celui-ci devra donc, comme partout ailleurs vérifier que ce qu’on lui vend est réellement du local et du « fermier ». Heureusement, il y en a aussi.

On ne peut que déplorer la dénaturation d’un concept prometteur censé répondre à la demande des Strasbourgeois pour un meilleur accès à des produits locaux…

Infos sur http://www.lanouvelledouane.com

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