L’alsacien à l’école en péril
By Claude TRUONG-NGOC via Wikimedia Commons

L’alsacien à l’école en péril

Alors que le nombre de dialectophones est en chute libre, voilà une nouvelle qui ne va pas inverser la tendance. Sophie Béjean, Rectrice de l’Académie de Strasbourg, exige la fin de l’immersif total (50% allemand 50% alsacien) dans une école de Schweighouse-sur-Moder (vers Haguenau). 2 journées de cours se déroulent en allemand, 2 autres en alsacien. Le français n’est quant à lui enseigné qu’à partir du CE1.

Aujourd’hui, à peine 3% des moins de 18 ans parlent correctement alsacien, tandis que 74% des 60 ans et plus le maîtrisent. Des chiffres alarmants pour la survie de cette langue.

C’est un moyen, selon les défenseurs des écoles « A.B.C.M. Zweisprachigkeit » de compenser le milieu totalement francisé dans lequel baignent tous les enfants. En effet, ils sont aujourd’hui beaucoup plus exposés au français qu’à l’alsacien ou à l’allemand, donc un enseignement « immersif » ne devrait pas les pénaliser pour l’apprentissage de la langue de Molière.

capture d'écran du site abcmzwei.eu

capture d’écran du site abcmzwei.eu

Le FILAL (Fonds International pour la Langue Alsacienne) a d’ailleurs dénoncé cette exigence de la Rectrice : « celle qui reçoit chaque année 3 millions d’euros des collectivités alsaciennes pour financer le bilinguisme – qui est déjà payé par nos impôts sur le revenu – se permet de menacer qu’elle coupera les vivres d’ABCM si l’école alsacienne ne met pas fin à l’immersion précoce en alsacien ».

Il convient de rappeler que ces programmes d’immersion totale sont autorisés en Catalogne ou en Bretagne. Interdire un tel enseignement uniquement en Alsace serait donc perçu comme une injustice faite aux Alsaciens, soucieux de faire vivre leur dialecte.

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