L’écologie passe-t-elle toujours derrière les intérêts financiers ? Le cas du Grand Hamster d’Alsace

L’écologie passe-t-elle toujours derrière les intérêts financiers ? Le cas du Grand Hamster d’Alsace

L’écologie est constamment mise en avant par les gouvernements successifs comme un enjeu fondamental de notre époque. Ce serait même LE combat à mener, pour « sauvegarder notre planète » et « offrir à nos enfants un monde meilleur ». De belles envolées rhétoriques qui masquent bien souvent une inaction sur le terrain. Pire, si les intérêts financiers sont menacés par l’écologie, celle-ci est vite oubliée…

Le cas du Grand Hamster d’Alsace

L’espèce protégée depuis 1992 commence à peine à voir sa population augmenter, depuis deux ans. Jusque-là, la menace d’extinction était réelle. Mais qu’est-ce qui menace ce rongeur ? L’urbanisation croissante, la monoculture (qui par ailleurs est nuisible pour toute la biodiversité)… et le GCO ! L’autoroute devrait passer juste sur les terres du Grand Hamster d’Alsace, ce qui devrait nuire à l’amélioration de sa situation. Mais c’est ici toute la question écologique qui est en jeu : une route de plus, des terres agricoles et forestières en moins, voilà un bouleversement de taille pour les éco-systèmes. Le choix des intérêts financiers a supplanté celui de l’écologie.

Les scientifique ont aussi découvert que le maïs poussait le hamster à tuer ses bébés. Mais vous-êtes vous déjà posé la question suivante : pourquoi cultive-t-on autant le maïs en Alsace ? Culture d’exportation et destinée à l’alimentation du bétail, elle est largement subventionnée par la PAC (Politique Agricole Commune, décidée par l’Union Européenne). Les agriculteurs choisissent le maïs plutôt que d’autres plantes plus contraignantes. Le maïs est sans doute également responsable de l’assèchement des sols et donc des inondations lors de pluies trop soutenues.

 

L’Etat aurait pu remédier à cette situation, en favorisant d’autres modes de cultures. Pourtant, le gouvernement d’Emmanuel Macron a décidé de supprimer les aides à l’agriculture biologique. Souvent acteurs de plus petites exploitations, les paysans bio bénéficient peu de la PAC, qui est adaptée aux gros volumes. Le Grand Hamster d’Alsace et toute la biodiversité alsacienne sont soutenus dans le discours, mais en pratique, les politiques mises en place leur nuisent.

L’écologie prise en otage

Au-delà du cas emblématique du Grand Hamster d’Alsace ? Des boues rouges de Gardanne déversées dans les Calanques, en Provence, aux constructions innombrables de zones d’activités qui font mourir les centre-villes et bétonnent d’immenses espaces naturels, les exemples sont nombreux. A chaque fois, l’écologie est mise sous le boisseau, pour répondre à l’impératif de la croissance, du besoin « d’emplois », de la modernisation.

Mais les dirigeants politiques parviennent à retomber sur leurs pattes : la lutte contre le réchauffement climatique, lardée d’annonces en tout genre jamais tenues, a pris en otage l’écologie. Ecologie vient du grec OÏKOS, le foyer, l’habitat. L’écologie doit donc être un problème local avant d’être global, alors qu’il est traité de façon inverse par les gouvernements. Ce qui permet de faire passer les intérêts financiers locaux avant la protection de l’environnement, puisque « la défense de la planète » n’est pas du ressort d’un maire ou d’un élu local. Pour une véritable écologie, il faut donc d’abord penser local, et non global !

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