Les Fake News : désinformation ou nouvelle censure ?
By Sollok29 (Own work) [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

Les Fake News : désinformation ou nouvelle censure ?

Le sujet est brûlant d’actualité : une nouvelle loi est censée voir le jour au printemps, pour agir efficacement contre les « Fake News ». Cet article fait suite à la conférence de Claude Chollet le 23/02 à Strasbourg, sur le même sujet. Retour sur ce nouveau phénomène qui inquiète les autorités.

Une origine anglo-saxonne

Comme le nom l’indique, les Fake News (fausses informations en français) proviennent des pays anglo-saxons, Royaume-Uni et États-Unis notamment. Le terme a émergé suite à deux évènements imprévus et combattus par l’ensemble des médias (ou peu s’en faut) : le Brexit et l’élection de Donald Trump. Selon certains analystes, ce sont les réseaux sociaux qui ont pesé dans la balance pour faire advenir ces deux évènements. Et notamment à l’aide de Fake News, sorte de nouvelle propagande utilisée par des particuliers, des sites amateurs ou des trolls qui arrivent via Internet et les réseaux sociaux à propager leurs idées.

Il faut garder à l’esprit que les réseaux sociaux fonctionnent sur le modèle de la viralité : plus une information est virale, plus elle va être encouragée par les algorithmes. Et ainsi être vue par des millions de personnes parfois, sans vérification. Au premier abord, la lutte contre les Fake News paraît donc salutaire : seule l’information fiable doit parvenir jusqu’au citoyen. Mais il apparaît que les Fake News puissent aussi être l’objet d’une lutte d’influence entre la presse traditionnelle et les autorités d’un côté, et les médias nés sur Internet de l’autre côté.

Les Fake News : un fourre-tout dangereux ?

Selon Claude Chollet, directeur de l’OJIM, « les réseaux sociaux constituent le premier moyen d’information des jeunes ». Ces réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube…) sont entrés récemment dans un processus de censure pour contrôler l’information qui y circulait. C’est ainsi que 10 000 censeurs ont été recrutés par Youtube pour vérifier les contenus publiés.

Mais pourquoi s’opposer à la lutte contre les Fake News ? Tout simplement parce qu’il y a une confusion entre la haine, l’extrémisme et les fausses informations. Exemple : si nous diffusons une information fiable sur un meurtre commis par un migrant afghan, nous sommes au regard de certains des propagateurs de haine. Mais on rentre là dans l’opinion, on quitte le terrain de l’information. On est même dans l’émotion, qui transforme les faits bruts.

C’est ici le nœud du problème : ceux qui luttent contre les Fake News luttent en réalité pour défendre des opinions. Tout ce qui n’est pas conforme à ces opinions, vrai ou faux, est rangé dans la catégorie fourre-tout des Fake News. La loi 2018 contre ces fausses informations devrait sortir au printemps : il s’agira sans doute d’un recul de la liberté d’expression et d’information sur Internet…

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