Les oiseaux chanteront-ils encore demain ?
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Les oiseaux chanteront-ils encore demain ?

Le titre de l’article peut paraître un peu provocateur : il fait écho au livre de Philippe de Villiers, célèbre pour son parc d’attraction du Puy du Fou, intitulé Les Cloches sonneront-elles encore demain ? Dans cet article, nous nous inquiétons de la disparition massive des oiseaux dans nos contrées, et plus particulièrement avec le printemps qui arrive à grands pas. A tel point qu’on peut se demander légitimement : les oiseaux chanteront-ils encore demain ?

420 millions d’oiseaux en moins en Europe

Il y a quelques années, le journal scientifique « Ecology Letters » mettait en avant un chiffre édifiant : l’Europe a perdu 421 millions d’oiseaux en trente ans. Seules les espèces préservées par des mesures de conservation ont échappé à cette hécatombe, avec même parfois des hausses de population. Mais la faune en général est dans un état alarmant : à part quelques espèces (sangliers dans la plupart des forêts ou même rats à Paris), la biodiversité européenne se porte mal.

Comment expliquer cela ?

Les écologistes mettent en avant les méthodes de production agricoles. Environ 400 tonnes de néonicotinoïdes sont déversés chaque année sur les champs français, ce qui selon certains nuirait fortement à la population d’abeilles et d’insectes. Tous les pesticides peuvent d’ailleurs nuire à la faune. Mais l’abattage de la plupart des haies pour obtenir des « open fields », des champs immenses de culture, a pour beaucoup contribué à ce désastre. Le remembrement français a divisé la population des invertébrés par 6, a drastiquement fait baisser le nombre de poissons ainsi que celui des petits mammifères.

Pour les oiseaux, s’il n’y a plus de quoi se nourrir (moins de vie dans les sols, 4 fois moins de vers de terre qu’il y a 40 ans), plus d’arbres dans lesquels faire leur nid, comment survivre ? L’écosystème favorable à ces espèces étant brisé, la population d’oiseaux ne peut que baisser. Et on ne parle même pas des immensités de béton que sont devenues les agglomérations urbaines, peu propices à la vie d’une telle faune.

Comment résoudre le problème ?

Remettre au goût du jour les haies, les arbres, les techniques agricoles « respectueuses de l’environnement »… L’agriculture biologique va souvent dans ce sens, essayant de s’aider des plantes pour éviter les traitements. Sur ce sujet, on peut aussi s’intéresser à la biodynamie.

Remettre des arbres en ville, cesser la folie constructrice qui veut tout bétonner, inciter les particuliers à avoir une biodiversité dans leur jardin supérieure à la simple pelouse. Ainsi, peut-être, peut-on espérer entendre demain les oiseaux chanter. Et comme disait Anatole France, « sans l’ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux ». Personne ne veut d’un monde sans ironie, ni de forêts dépeuplées d’oiseaux !

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