L’État ferme 14 classes dans le Sundgau et dédouble d’autres classes dans les quartiers difficiles : mort de l’Alsace rurale ?
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L’État ferme 14 classes dans le Sundgau et dédouble d’autres classes dans les quartiers difficiles : mort de l’Alsace rurale ?

Des dizaines de classes sont fermées par l’État dans les zones rurales, avec notamment pour prétexte de regrouper les établissements jugés trop petits, les classes trop peu nombreuses. L’Alsace rurale en fait les frais : 14 classes ont reçu la confirmation de leur fermeture dans le Sundgau, au sud de l’Alsace.

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Mais c’est un simple transfert : ces classes fermées permettront d’ouvrir de nouvelles classes dans les quartiers prioritaires (comme Bourtzwiller à Mulhouse) via le processus de dédoublement. C’est-à-dire deux fois moins d’élèves par classe pour un meilleur apprentissage. Nul doute que cela porte ses fruits : une enseignante de de l’école Furstenberger de Mulhouse (Haut-Rhin), classée « REP + », déclarait au Monde : « A douze, je ne laisse personne de côté ». Avec douze élèves seulement dans sa classe, l’apprentissage, notamment de la lecture, semble grandement facilité.

De l’autre côté, l’enthousiasme est évidemment moins important : la fermeture de classes oblige à regrouper les élèves, qui vont parfois devoir augmenter leur temps de trajet. Exemple à Moernach, où la classe va être transférée à Vieux-Ferrette, 5 kilomètres plus loin. Pas grand-chose ? Une distance suffisante pour obliger les trajets en voiture par exemple.

Capture d'écran l'alsace.fr

Capture d’écran l’alsace.fr

La mort de l’Alsace rurale ?

Ces fusions participent évidemment à la mort de certains villages, délaissés petit à petit par tous les « services », depuis la poste jusqu’à l’école, en passant par l’épicerie. Certains habitants sont en colère : « si encore on devait se serrer la ceinture tous ensemble, mais là on est les seuls à trinquer. C’est pas comme ça qu’on va remettre de la vie dans les villages… » nous dit Corinne, habitante d’un village du Sundgau.

Capture d'écran l'alsace.fr

Capture d’écran l’alsace.fr

Outre la question financière, que nous avions déjà évoqué (« Classes dédoublées, moyens policiers renforcés, certains quartiers coûtent plus chers que d’autres » article du 09/02/18) émerge la question de l’égalité : le traitement de faveur des quartiers difficiles doit-il être payé par des zones déjà peu attractives ? En voulant sauver une banlieue, on fait mourir un village. Le problème s’étend d’ailleurs à tout le territoire français.

 

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