« Make our planet great again » : Strasbourg accueillera un chercheur italien

« Make our planet great again » : Strasbourg accueillera un chercheur italien

Un article d’Aurore Bonnel. Dr Giuliano Giambastiani, chercheur d’origine italienne spécialisé dans les énergies renouvelables, est un des chercheurs sélectionnés pour « rendre à notre planète sa grandeur »… Il travaillera conjointement avec l’Université de Strasbourg et le CNRS et sera rattaché à l’Institut de chimie et procédés pour l’énergie, l’environnement et la santé.

Un programme politique contre les États-Unis

« Make our planet great again ». C’est la formule par laquelle Emmanuel Macron a invité, en juin dernier, les chercheurs étrangers à venir travailler en France. Lancée au lendemain du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, cette invitation vise d’abord le gouvernement américain climatosceptique. La célèbre formule de campagne de Donald Trump « Make America great again » a ainsi été savamment détournée bien que le programme s’adresse aux chercheurs du monde entier.

Mi-décembre, Emmanuel Macron a donc dévoilé les noms des premiers lauréats du programme « Make our planet great again ». Au total, 18 chercheurs de 6 pays ont été sélectionnés sur 1 822 candidats. Trois d’entre eux sont des Français exerçant aux États-Unis. Une seconde vague de sélection sera organisée mi-janvier sur les mêmes axes de recherche pour lutter contre le changement climatique.

La recherche française manque d’argent et pas de chercheurs

60 millions d’euros sur cinq ans seront consacrés à ce programme. La moitié proviendra du programme « Investissements d’avenir », l’autre sera financée par les instituts de recherche accueillant ces chercheurs étrangers. Les lauréats de « Make our planet great again » bénéficieront ainsi de 1 à 1,5 million d’euros pour des programmes de recherche d’au moins trois ans dans des instituts français.

Allouer cette somme, pour faire venir des scientifiques étrangers en France, passe mal auprès des chercheurs français dont les conditions actuelles sont difficiles : salaires bas par rapport au niveau d’étude, précarité des contrats, situation financière critique de nombreuses équipes de recherche…

Or, si la France est un pays attractif avec un haut niveau scientifique, c’est aussi parce que notre modèle, notamment avec des postes permanents, offre une certaine qualité de vie.

Par ailleurs, de nombreux chercheurs étrangers exercent déjà en France, et pour moins cher ! En France, en 2012, 42% des doctorants ne sont pas de nationalité française (1) et 14% des chercheurs des principaux établissements publics de recherche sont étrangers.

Leader de la lutte contre le changement climatique ?

Avec la lutte contre le réchauffement climatique, Emmanuel Macron a trouvé un sujet qui lui permet de briller sur la scène diplomatique. Le président de la République s’est érigé en leader de la communauté internationale en a fait de la question climatique un véritable enjeu diplomatique

Mais au-delà de ça, les actions concrètes du gouvernement français déçoivent : prolongation de l’autorisation du glyphosate pour trois ans, absence de position claire sur le mix énergétique, diminution de moitié de l’enveloppe allouée pour le financement des conventions Territoires à énergie positive… On ne peut pas se positionner comme leader de la lutte contre le réchauffement climatique sans avoir des politiques nationales cohérentes et ambitieuses.

Avec le programme « Make our planet great again », la France retire 30 millions d’euros des 27 milliards d’euros attribués à la recherche pour financer 20 chercheurs étrangers pendant 4 ans. Une belle opération de communication pour l’ancien banquier qui ne dépensera pas un centime de plus pour la recherche.

1 (Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche 2010, Ministère de l’Education Nationale et Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, http://media.education.gouv.fr/file/2010/16/9/RERS_2010_152169.pdf (ce rapport sera cité plus tard sous la référence RERS10) p.191)

Un commentaire

  1. Tous ces scientifiques français sont nécessairement arrivés à la conclusion que « le réchauffement climatique anthropique » est une fable, que le CO2 est utile… et qu’on ferait mieux de lutter contre les vraies pollutions plutôt que de polluer et ruiner la France avec des éoliennes!!!

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