Mediapart, TV Libertés, le pari gagnant des médias sans subventions ni publicité
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Mediapart, TV Libertés, le pari gagnant des médias sans subventions ni publicité

Le paysage médiatique français a été bouleversé par l’arrivée d’Internet. Les anciens acteurs, présents uniquement sur les canaux télévisuels, radiophoniques ou papier ont investi le web avec plus ou moins de succès. D’autres acteurs, nouveaux, innovants, sans affiliations, ont réussi petit à petit à s’imposer avec un modèle économique viable. Retour sur ce changement qui préfigure l’avenir médiatique.

Par abonnements ou par dons, les citoyens décident eux-mêmes des médias qu’ils financent

La quasi-totalité de la presse est à la fois dépendante de la publicité, des subventions étatiques (368 titres reçoivent en tout 80 millions d’euros, un journal comme Libération perçoit plus de 6 millions d’euros par an), ainsi que des investisseurs. En effet, selon Claude Chollet, président de l’OJIM, « il n’y a pas de presse libre. 85% des médias sont détenus par 8 milliardaires ».

 

Mediapart a choisi de fonctionner par un système d’abonnements. Avec aujourd’hui plus de 140 000 abonnés, ce media en ligne génère 14 millions d’euros de chiffre d’affaire et emploie 83 salariés. Pour comparaison, Libération n’a que 10 000 abonnés en ligne, environ 20 000 au journal papier. Mieux encore, alors que la presse écrite est sous perfusion financière pour continuer à vivre, Mediapart gagne de l’argent.

TVLibertés a choisi de fonctionner par un système de dons. Misant sur la volonté des Français d’avoir une information qui leur corresponde, le média est lancé début 2014 : « Après un mouvement d’une telle ampleur [Manif pour tous, NDLR], nous ne pouvions pas ne pas redonner la parole à ces Français jusqu’alors silencieux, majoritaires dans le pays et qui n’étaient montrés à la télévision que pour les ridiculiser. C’est aussi pour pallier ce manque que nous créons TV Libertés, qui montera progressivement en puissance au cours des semaines et mois à venir, avec une augmentation progressive des temps de diffusion et du nombre de téléspectateurs. » Ce système de dons fonctionne et permet de financer des reportages exclusifs, une présence sur le terrain, l’emploi de salariés permanents…

Toutes les initiatives ne fonctionnent pas

Le propre de ce genre d’initiative, c’est de séduire un public suffisamment large pour récolter assez de financement. Ce qui oblige à un certain niveau d’exigence et de qualité ; personne ne veut payer pour rien. La garantie d’indépendance donnée doit également être respectée, car personne ne veut financer des mensonges. C’est peut-être ce qui a manqué à Le Média TV, la télévision de gauche lancée il y a quelques semaines, et qui peine à faire bonne figure. Départs de journalistes, esclandres sur les réseaux sociaux, donateurs en colère (qui sont censés être des sociétaires)…

 

La qualité n’est pas au rendez-vous selon bien des téléspectateurs qui attendaient depuis longtemps ce type de projet. La ligne partisane est parfois outrancière, même si Le Média TV n’a jamais promis aucune objectivité. Sachant évidemment qu’aucun média ne peut être objectif. Toutefois malgré des débuts difficiles, il n’est pourtant pas question pour les équipes du néo-média de gauche de s’arrêter. En rectifiant le tir, peut-être parviendront-ils à pérenniser leur projet. 

L’avenir des médias « traditionnels » en danger

Mediapart a révélé des affaires d’ampleur nationale comme le scandale Cahuzac. TV Libertés cumule 38 millions de vues sur sa chaîne Youtube, réalise des reportages dans toute l’Europe, a une page Facebook très suivie. La capacité virale de ces nouveaux médias est non seulement de taille à rivaliser avec les médias traditionnels, mais avec une bonne réactivité et une croissance qui ne cesse pas, l’avenir des nouveaux venus paraît plus radieux.

Et on ne parle pas des médias plus petits mais qui commencent à peser dans la balance, comme Alsace-Actu, capables de sortir des informations exclusive, de relayer des faits passés sous silence par la presse locale (voir nos articles sur Kandel). A moins d’une vague de censure sans précédent, on voit mal comment la tendance pourrait s’inverser…

 

 

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