Merkel, Poutine, la stabilité est-elle la nouvelle norme démocratique ?
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Merkel, Poutine, la stabilité est-elle la nouvelle norme démocratique ?

Un article d’Arnaud Schmitt

Après la formation du nouveau gouvernement dirigé par Angela Merkel en Allemagne, et la large victoire de Vladimir Poutine en Russie ce week-end, doit-on prendre acte du désir de stabilité des peuples ?

La démocratie et l’alternance, synonymes ou antonymes ?

On a souvent tendance à déclarer que dans une vraie démocratie, aucun homme (ou femme) politique n’accapare le pouvoir pendant de trop longues années, qu’il doit céder la place après avoir gouverné un ou deux mandats. C’est notamment le cas aux États-Unis, ou un président ne peut être élu que pour deux mandats.

Or la démocratie, c’est d’abord, étymologiquement, le pouvoir donné au peuple. Ou plutôt le pouvoir du peuple. Si celui-ci décide d’élire continuellement les mêmes représentants, sort-on de la dite démocratie ? Non, évidemment. On en sort si le peuple n’a plus la possibilité d’élire qui il veut. L’alternance apparaît donc plus comme un véritable problème, fondamental, pour la démocratie : le peuple n’arrive pas à se trouver un représentant satisfaisant, et est obligé de continuellement en élire de nouveaux, qui ne donnent guère plus de satisfaction. D’où la cote de popularité très faible des dirigeants en France depuis des décennies. L’alternance est donc le signe d’une démocratie représentative malade.

La stabilité politique est un signe de satisfaction populaire

Angela Merkel entame son quatrième mandat. Cependant sa place est de plus en plus fragile, car sa politique, notamment migratoire, est de plus en plus contestée. Vladimir Poutine, en revanche est toujours très populaire en Russie. Ce qui est compréhensible, car depuis qu’il est au pouvoir, le niveau de vie a considérablement augmenté. Les Russes vous diront que la situation est loin d’être parfaite, mais qu’elle est meilleure qu’avant. Satisfaction populaire, donc réélection et stabilité politique.

Il faudrait donc repenser notre rapport à la démocratie, en souhaitant plutôt réussir à trouver un représentant politique qui satisfasse l’intérêt général, du point de vue de l’opinion publique, et non pas tenter de donner sa chance tous les 5 ans à une personnalité différente.

D’autres possibilités pour améliorer la démocratie

Pour mieux prendre en compte les souhaits du peuple, d’autres voies sont connues. Le référendum d’initiative populaire, par exemple, qui permet aux citoyens de voter s’ils le souhaitent sur un sujet qui leur tient à cœur, en contraignant les autorités à se soumettre au résultat du vote. En Suisse, ce système est très développé et est adapté à des populations nombreuses.

A l’échelle locale, une démocratie participative est totalement envisageable. Les communes pourraient adopter un système totalement participatif, où chaque investissement conséquent serait soumis à l’approbation des habitants, où des assemblées mensuelles ou trimestrielles détermineraient les orientations à suivre. Cela limiterait le despotisme de certains maires, qui endettent à eux seuls des communes et ruinent les habitants.

 

 

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