Percée de l’AfD, pas de grande coalition. Retour sur les élections allemandes.

Percée de l’AfD, pas de grande coalition. Retour sur les élections allemandes.

Le parti Alternative für Deutschland poursuit sa dynamique positive, Merkel gagne à la Pyrrhus et aura du mal à former une coalition. Alsace-Actu revient sur les élections allemandes et le possible avenir politique outre-Rhin.

L’AfD fait une entrée fracassante au Bundestag

Présente dans 13 parlements sur 16, cette formation qui avait déjà réalisé un score surprenant de 4.7% pour sa première participation aux législatives en 2013 réussit un maître coup. 94 députés siègeront au Bundestag, contre aucun auparavant. L’Alternative für Deutschland avait vertement critiqué la politique migratoire d’Angela Merkel, et les spécialistes pensent que bien des électeurs traditionnels de la CDU/CSU ont donné leur suffrage au jeune parti. Ces 94 députés donneront de fait un temps de parole plus important pour défendre les idées promues par l’AfD : patriotisme, lutte contre l’immigration et l’islamisation du pays, mais aussi tout un programme beaucoup plus détaillé. Vous pouvez le lire ici. Loin de ressembler à la caricature néo-nazie qu’en font les médias, ce parti tranche avec les dinosaures de la politique allemande et poursuit son ascension. 

La victoire n’est pas complète pour l’AfD, puisque Frauke Petry, ex-leader du mouvement, a déclaré ne pas vouloir siéger dans le groupe parlementaire du parti. L’annonce d’une scission ou simple fait divers ? L’avenir en dira plus.

Le duo de tête de l'AfD Weidel et Gauland

Le duo de tête de l’AfD Weidel et Gauland

Angela Merkel au pied du mur

Comme nous l’annoncions sur Alsace-Actu le parti Social-Démocrate (SPD) refuse la possibilité d’une grande coalition. Le résultat décevant aux élections (153 députés contre 246 pour Merkel) et après 4 ans de « Große Koalition » le parti a décidé de rentrer dans l’opposition. Ce sera l’occasion pour les sociaux-démocrates de prouver que leurs idées ne se confondent pas avec celle de la droite allemande. La seule option pour la chancelière est donc de réunir une coalition « Jamaïque », c’est-à-dire avec les Verts et les Libéraux du FDP. Mais ceux-ci sont bien décidés à ne pas gouverner à tout prix, c’est-à-dire d’imposer quelques points non négociables. Et leurs volontés se contredisent, sur l’environnement ou l’immigration par exemple.

La situation est donc dans une impasse, dont il sera difficile de sortir durablement. Actuellement Angela Merkel doit négocier pour tenter de former un gouvernement majoritaire. Sinon de nouvelles élections seront convoquées. 

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