Refus du GCO, ça continue !
Manifestation anti-GCO place de la République à Strasbourg

Refus du GCO, ça continue !

Une cinquantaine de tracteurs ont envahi la place de la république en milieu de journée à l’appel de la FNSEA. Spectacle peu commun, ces agriculteurs alsaciens sont là pour manifester leur refus du GCO. Un article d’Aurore Bonnel.

Les critiques ? Morcèlement des parcelles, perte de surface agricole… 250 agriculteurs de 24 communes des environs de Strasbourg sont concernés. Ce ne sont pas les seuls à refuser ces travaux. Depuis 20 ans, élus, citoyens et associations se mobilisent pour annuler ce projet jugé contre-productif.

Le GCO c’est quoi ?

Le GCO (Grand Contournement Ouest de Strasbourg) est un projet de 24 km d’autoroute à péage conçu pour désengorger la section urbaine de l’A35 strasbourgeois. Né au début des années 1970, ce projet refait surface depuis une vingtaine d’années. Soutenu par la Région Grand Est, le Département du Bas-Rhin (67), ainsi que par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bas-Rhin (CCI), et depuis 2014, par la ville de Strasbourg, le début des travaux est prévu pour 2018.

Cette nouvelle portion passerait par l’Ouest de Strasbourg, dans la zone rurale du Kochersberg, détruisant au passage des terres agricoles péri-urbaines fertiles, plus de 10 hectares de forêt, ainsi qu’un espace naturel exceptionnel entre les communes de Kolbsheim et Ernolsheim-sur-Bruche.

L’investissement est de 500 millions d’euros et la mise en service est prévue fin 2020. Il s’agira d’une autoroute à péage, financée intégralement par Vinci et concédée pour une durée de 54 ans. L’entreprise détient déjà 75% du réseau autoroutier à péage en France et sa filiale, Vinci autoroute représente 25% du chiffre d’affaire global du groupe…

Et pourtant…

En 2005, une expertise indépendante est réalisée par un bureau d’étude allemand (rapport TTK) et démontre l’inutilité du projet. Malgré ce constat, l’enquête publique en 2006 se conclut par un avis favorable qui débouche en janvier 2008 par la signature du décret en Conseil d’État de la déclaration d’utilité publique (DUP).
Sur le point d’être abandonné en 2012, le projet a refait surface au moment du plan de relance du gouvernement. En octobre 2015, ARCOS/VINCI est désigné pour la seconde fois, constructeur et concessionnaire du projet.

En totale contradiction avec les grands objectifs affichés par la loi sur la transition énergétique et avec l’esprit de l’accord de Paris, le projet accentue la pression foncière et le taux d’artificialisation des terres alsaciennes déjà proche de 10%, un des plus élevé de France. Son but affiché, outre le désengorgement de l’agglomération strasbourgeoise : le déplacement de la pollution de l’air due au trafic routier.

Mais des mesures efficaces existent pour diminuer (et non déplacer) la pollution et l’engorgement des axes routiers sans désavantager ses utilisateurs ni détruire notre patrimoine* :

  • Développer le covoiturage et l’offre de transports collectifs pour limiter l’ « autosolisme » ;
  • Favoriser l’intermodalité des modes de transport (marche, vélo, tram bus, voiture et TER) pour rendre les transports collectifs plus attractifs ;
  • Eviter la spécialisation des sites lors de l’aménagement du territoire pour limiter les besoins de déplacement ;
  • Mettre en œuvre une taxe pour limiter le transport des poids lourds (comme dans l’Allemagne voisine) et favoriser les modes de transports de marchandises alternatifs (fluvial, train).

*Pour le GCO, un viaduc sera construit dans le parc du château de Kolbsheim, protégé au titre des Monuments historiques et réputé pour ses jardins ayant obtenu le label Jardin remarquable.

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