Visite du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg rénové
La salle des pas perdus

Visite du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg rénové

Un article d’Aurore Bonnel.

Bâti dans les années 1890 par l’architecte Skjold Neckelmann sur le quai Finkmatt, le palais de justice tranche avec le style germanique des palais officiels situés à proximité. Sa façade de style néo-grec est structurée par un vaste portique à colonnes ioniques. Elle est surmontée par un fronton triangulaire orné d’allégories de la justice, les déesses Athéna et Thémis, ainsi que de deux sphinx.

L’édifice a nécessité d’importants travaux afin de répondre aux normes de sécurité et d’accessibilité. Par ailleurs l’augmentation des effectifs, résultant des réformes successives et de l’évolution des mœurs ont nécessité l’agrandissement des espaces de travail pour les quelques 300 personnes travaillant au Tribunal de Grande Instance de Strasbourg.

D’abord envisagé, le déménagement du TGI hors du centre-ville a été abandonné car plus cher que l’agrandissement du bâtiment existant. Les travaux, effectués par les équipes Eiffage Construction Alsace (mandataire) – Spie batignolles Est – Eiffage énergie et Clemessy dans un bâtiment classé aux monuments historique, auront tout de même coûté au total 64 millions d’euros à l’état, à l’Eurométropole de Strasbourg, ainsi qu’à la Région et au Département.

Le projet conçu par l’agence d’architecture Garcès – De Seta – Bonet concilie un double enjeu en proposant une réponse adaptée aux exigences de fonctionnalité et une restauration  respectueuse de l’architecture existante. Les travaux auront permis d’ajouter un quatrième étage, de créer un patio à la place de salles d’audience pour tirer parti de la lumière extérieure ainsi que de multiplier le nombre de bureaux en réduisant leur taille ainsi que celle des salles d’audience. Enfin, un parcours désormais discret permet aux prévenus d’être transféré directement en salle d’audience grâce à un système de corridors. Les façades et les toitures du bâtiment d’origine, le vestibule d’entrée, la salle des pas perdus avec ses escaliers et ses galeries de circulation sur trois niveaux éclairés par une impressionnante verrière zénithale ont été conservés lors de la rénovation.

Le personnel du TGI a pu regagner ses anciens quartiers en février 2017 après 3 ans de travaux et une installation provisoire dans des préfabriqués situés place d’Islande et quai Finkmatt, devant le palais historique.

Pour la petit anecdote, nous avons enfin pu savoir pourquoi le drapeau français est en berne en permanence : « simple » problème technique ! Trois pics se trouvent au sommet de la hampe, déchirant le drapeau en cas de vent fort, le drapeau n’est donc pas monté au sommet par principe de précaution. À croire que les 64 millions d’euros n’étaient pas vraiment suffisants…

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