[Tribune Libre] Nouvelle-Calédonie : Grand-remplacement et référendum, la démocratie dévoyée
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[Tribune Libre] Nouvelle-Calédonie : Grand-remplacement et référendum, la démocratie dévoyée

Une Tribune Libre d’Arnaud Schmitt

Les résultats du référendum local sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie sont tombés : 56,4% des voix contre l’indépendance, 43,6% en faveur de celle-ci. Avec une participation élevée, de l’ordre de 80%, le référendum acquiert une légitimité pleine et entière. Vraiment ? Il faut entrer dans le détail des résultats pour comprendre que les données démographiques peuvent fondamentalement fausser la démocratie.

La Nouvelle-Calédonie, un territoire divisé

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », telle était la question posée. La province Nord de la Grande Terre, comme la province des îles, ont voté « oui » à l’indépendance avec environ 80% des voix, un territoire qui compte plus de 60 000 électeurs inscrits. Au Sud, avec plus de 110 000 électeurs inscrits, c’est le « non » qui l’emporte avec 73,7% des voix. Le calcul est simple, le Sud a décidé du sort de l’archipel. Pourquoi cette différence ? C’est simple, les Kanaks vivent majoritairement au Nord et dans les îles, tandis que les non-Kanaks vivent au Sud.

Géographie de l'Archipel

Géographie de l’Archipel

Le territoire est donc divisé, le plus peuplé décidant au grand dam du moins peuplé. C’est la mathématique démocratique habituelle, rien de nouveau sous le soleil. Cependant les Kanaks sont les autochtones et les autres plutôt des Français de métropole, qui ne se considèrent évidemment pas comme des colons. La situation reste riche d’enseignement pour l’Alsace et pour la France.

Grand-remplacement et référendum

La Nouvelle-Calédonie a vu sa démographie changer depuis la colonisation : ce territoire est un reliquat de l’Empire colonial français. Les Kanaks sont depuis des années minoritaires (40% environ de la population) et ne peuvent donc pas, dans un régime démocratique, renverser l’ordre établi. « Un homme, une voix », le principe démocratique par excellence, érige une prison sans échappatoire pour les Kanaks.  Ainsi la démocratie est dévoyée par les changements démographiques ; l’immigration comme la colonisation sont déterminants, les Kanaks dépossédés de leur capacité à agir légalement.

En Alsace, de moins en moins d’habitants sont Alsaciens « de souche », depuis plusieurs générations. Leur poids dans la décision électorale, même en Alsace, est amoindrie par de années de brassage de populations, françaises, européennes ou extra-européennes. Le même phénomène est à l’oeuvre en France. Ainsi les autochtones perdent le pouvoir politique qui est censé leur être acquis par la démocratie. Ce « démos », peuple originel et organique, en Nouvelle-Calédonie comme en Alsace ou en France, est dilué, et même son unanimité n’est plus prise en compte dans les processus « démocratiques ». En Nouvelle-Calédonie, l’écrasante majorité des Kanaks a voté pour l’indépendance, mais le « non » l’a emporté de loin. Cela est-il prémonitoire, annonciateur de l’avenir de la démocratie sur notre sol ? Sans aucun doute.

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