Un « enfumage » : pourquoi la création d’une collectivité « Alsace » ne répond pas aux aspirations des Alsaciens
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Un « enfumage » : pourquoi la création d’une collectivité « Alsace » ne répond pas aux aspirations des Alsaciens

Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, l’a annoncé aujourd’hui : il y aura bien la création d’une entité administrative nommée Alsace, issue de la fusion des deux départements. C’était entre autres une demande de la grande majorité des Alsaciens, déçus de voir leur région se fondre dans le Grand Est. En effet, depuis la réforme de 2015, la région Alsace n’existait plus.

Une demi-mesure…

Toutefois les partisans du retour de l’Alsace seraient bien mal avisés de crier victoire : la mesure s’apparente davantage à une concession clientéliste qu’à un véritable changement. Pour gagner la bonne opinion des Alsaciens, on leur rend l’Alsace. Mais dans les faits, l’Alsace n’existera guère plus qu’auparavant. La nouvelle entité administrative sera uniquement une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Avec les mêmes compétences, plus « des compétences particulières qui sont dues au transfrontalier notamment et à l’identité alsacienne rhénane « . Le flou règne.

L’Alsace sera donc un grand département, un peu plus puissant qu’un département normal, mais toujours intégré à la région Grand Est.

 

… Qui ne satisfait pas les aspirations des Alsaciens

Or 67% des Alsaciens voulaient quitter la région Grand Est ; c’est-à-dire retrouver en Alsace les pouvoirs d’une région, voire davantage. Jacqueline Gourault n’a fait qu’appliquer la promesse d’E.Macron, à savoir « Créer un grand département d’Alsace au sein de la région Grand Est ».  A l’heure où les Alsaciens veulent conforter et célébrer leur identité, que celle-ci soit reconnue par l’Etat, celui-ci ne propose donc qu’une demi-mesure qui ne répond pas aux attentes de la population.

Alors que Sébastien Lecornu, ministre délégué aux collectivités territoriales, parle d’un Etat qui « sait s’adapter aux territoires en repartant de leurs attentes », les autonomistes d’Unser Land rétorquent que c’est un « enfumage ». « La piste proposée par le gouvernement est inacceptable et qu’elle serait un nouvel affront au peuple alsacien. » annonce Jean-Georges Trouillet, secrétaire général et porte-parole d’Unser Land dans un communiqué. « Nous attendons du gouvernement qu’il gomme enfin le coup de crayon idiot de François Hollande et Manuel Valls, et non qu’il nous gratifie d’un nouveau gribouillage censé enjoliver le premier. » conclut-il.

En résumé, la situation est loin d’être réglée par cette décision du gouvernement.

Un commentaire

  1. Sortir du grand est est un préalable

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