Importation de produits bio : oui, une banane peut être vraiment bio
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Importation de produits bio : oui, une banane peut être vraiment bio

Le débat sur le bio continue à mesure que la consommation de produits labellisés « agriculture biologique » augmente d’année en année (+15% l’an dernier, un marché tiré par les grandes surfaces). Dernière « contribution » en date, Natacha Polony qui déclare qu’une « banane bio qui vient d’Equateur ou de République Dominicaine a été cultivée avec 14 pesticides interdits sur les bananes conventionnelles françaises ». En clair, méfiez-vous, ce qu’on vous vend comme du bio n’est pas vrai. Derrière le buzz médiatique (la vidéo a été vue plus de 8 millions de fois sur Facebook), la réalité est tout autre.

Consommer bio, c’est consommer français

En 2017, 69% des produits bio consommés en France sont d’origine française. Consommer bio en France, c’est donc généralement consommer « local ». Cette part n’était que de 62% en 2009. Tous les produits d’origine française sont contrôlés par des organismes certificateurs, comme Ecocert, assez pointilleux. Les producteurs reçoivent au moins une visite de contrôle par an. Le label européen est aligné sur le label français AB.

Parmi les produits importés, se trouvent évidemment des denrées non-substituables par des produits français ou même européens : cacao, fruits exotiques, café, thé ou encore Parmesan… La banane en fait donc partie. La question du consommateur bio, ou du sceptique, est la suivante : ces denrées sont-elles vraiment bio ?

Un principe d’équivalence et des contrôles dans le monde entier

Comme le souligne Natacha Polony, un « principe d’équivalence » permet de labelliser les produits d’importation. Mais celui-ci est réglementé! Sur le site de l’Agence-Bio, on peut ainsi lire : « En septembre 2017, les pays suivant ont été reconnus équivalents pour l’importation de produits biologiques : Argentine, Australie, Canada, Costa Rica, Inde, Israël, Japon, Nouvelle-Zélande, Suisse, République de Corée, Tunisie, États-Unis d’Amérique, ainsi que les membres de l’Espace Économique Européen. » Ces pays-là ont mis en place une certification aussi contraignante que la certification européenne.

Pour les autres pays, un organisme de certification local doit être accrédité par la Commission Européenne. Mais des organismes comme Ecocert (900 salariés dans le monde entier) certifient avec les mêmes exigences qu’en France des producteurs de dizaines de pays hors Union Européenne.

La fraude existe, évidemment. Mais il est tout à fait faux de dire qu’elle serait « régularisée » par l’UE. Alors pourquoi les bananes d’Equateur et de République Dominicaine seraient-elles cultivées avec 14 pesticides interdits dans l’UE ? Tout simplement parce que personne n’a demandé leur homologation dans l’UE. Ce sont des produits naturels, des extraits de plantes par exemple, ou encore de l’ail fermenté. Rien de chimique, et tout cela serait conforme au cahier des charges bio en France.

Ainsi, loin du buzz médiatique, la réponse est pourtant claire. Oui, une banane peut être vraiment bio. C’est à dire cultivée sans pesticide ni engrais chimique de synthèse. Rien n’empêche les consommateurs d’aller plus loin et de n’acheter que des produits non-importés, d’ailleurs de plus en plus mis en avant dans les rayons des magasins bio.

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